Page:Verne - Les Frères Kip (partie 1).djvu/44

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Le maître d’équipage revint vers l’arrière.

« Tout est paré ?... lui demanda M. Gibson.

— Tout, capitaine. »

Le James-Cook évoluait alors en se rapprochant du quai dont il allait contourner la pointe à moins d’une demi-encablure.

Là s’était formé un groupe, marins et badauds, que la vue d’un navire sous voiles intéresse toujours. Et d’ailleurs, depuis plusieurs semaines, on était privé de ce spectacle, puisque les bâtiments n’avaient pu quitter leur mouillage.

Or, dans ce groupe se voyaient quelques policemen dont l’attention paraissait très attirée sur le James-Cook. Cela se devinait à leurs gestes, à leur attitude. Même deux ou trois de ces agents se détachèrent et coururent vers l’extrémité du quai que le brick ne tarderait pas à ranger.

Précisément, — ni Flig Balt ni Vin Mod ne purent s’y tromper, — ces policemen étaient de ceux qu’ils avaient vus la veille dans la taverne d’Adam Fry. Len Cannon et ses camarades risquaient donc d’être reconnus, et qui sait si le James-Cook, hélé au passage et recevant l’ordre de s’arrêter, ne serait pas mis en demeure de livrer les matelots des Three-Magpies ?...

Après tout, le capitaine Gibson, quitte à ne