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le pigeon voyageur.

« Un pigeon voyageur ! dit-il.

— Eh bien, voilà un voyageur qui aura fait là son dernier voyage ! répondit Sarcany.

— Sans doute, reprit Zirone, et tant pis pour ceux auxquels est destiné le billet attaché sous son aile…

— Un billet ? s’écria Sarcany. Attends, Zirone, attends ! Cela mérite un sursis ! »

Et il arrêta la main de son compagnon, qui allait se refermer sur le cou de l’oiseau. Puis, prenant le sachet que venait de détacher Zirone, il l’ouvrit et en retira un billet écrit en langue chiffrée.

Le billet ne contenait que dix-huit mots, disposés sur trois colonnes verticales, comme suit :

ihnalz zaemen ruiopn
arnuro trvree mtqssl
odxhnp estlev eeuart
aeeeil ennios noupvg
spesdr erssur ouitse
eedgnc toeedt artuee

Du lieu de départ et du lieu de destination de ce billet, rien. Quant à ces dix-huit mots, composés chacun d’un égal nombre de lettres, serait-il possible d’en comprendre le sens sans en connaître le chiffre ? C’était peu probable, à moins d’être un habile