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le pigeon voyageur.

— Et après ? Cela ne te permettra pas de lire ce qu’il y a dans ce billet, Sarcany !

— Non, Zirone.

— Ni de savoir d’où il vient !

— Sans doute ! Mais, des deux correspondants, si je parviens à connaître l’un, j’imagine que cela pourra me servir à connaître l’autre ! Donc, au lieu de tuer cet oiseau, il faut, au contraire, lui rendre ses forces, afin qu’il puisse arriver à destination !

— Avec le billet ? demanda Zirone.

— Avec le billet, dont je vais prendre une copie exacte, et que je garderai jusqu’au moment où il conviendra d’en faire usage ! »

Sarcany tira alors un carnet de sa poche, et, au crayon, il prit un fac-similé du billet. Sachant que dans la plupart des cryptogrammes, il ne faut rien négliger de leur arrangement matériel, il eut soin de bien conserver l’exacte disposition des mots l’un par rapport à l’autre. Puis, cela fait, il remit le fac-simile dans son carnet, le billet dans le petit sachet, et le petit sachet sous l’aile du pigeon.

Zirone le regardait, sans trop partager les espérances de fortune fondées sur cet incident.

« Et maintenant ? dit-il.

— Maintenant, répondit Sarcany, occupe-toi de donner tes soins au messager. »