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mathias sandorf.

tière, traversèrent la petite place tracée devant l’église et se dirigèrent vers la tour. Une des portes ogivales, — précisément celle qui se découpe sous le larmier antique, à l’aplomb de la niche de Saint-Just — était ouverte. Tous deux la franchirent, et ils commencèrent à monter les rudes degrés de l’escalier tournant, qui dessert l’étage supérieur.

Il leur fallut deux ou trois minutes pour arriver jusqu’au sommet, sous le toit même qui coiffe l’édifice, auquel manque une terrasse extérieure. Mais, à cet étage, deux fenêtres, s’ouvrant sur chaque face de la tour, permettent au regard de se porter successivement à tous les points du double horizon de collines et de mer.

Sarcany et Zirone vinrent se poster à celle des fenêtres, qui donnait directement sur Trieste, dans la direction du nord-ouest.

Quatre heures sonnaient alors à l’horloge de ce château du seizième siècle, bâti au couronnement du Karst, en arrière de la cathédrale. Il faisait grand jour encore. Au milieu d’une atmosphère très pure, le soleil descendait lentement vers les eaux de l’Adriatique, et la plupart des maisons de la ville recevaient normalement ses rayons sur leurs façades tournées du côté de la tour.