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mathias sandorf.

Ladislas Zathmar habitait la maison, récemment reconnue dans l’Acquedotto par Sarcany et Zirone, — modeste demeure qu’il avait mise à la disposition de Mathias Sandorf pendant tout le temps que celui-ci devait passer hors de son château d’Artenak, c’est-à-dire jusqu’à l’issue du mouvement projeté, quelle qu’elle fût. Un Hongrois, Borik, âgé de cinquante-cinq ans, représentait à lui seul tout le personnel de la maison. C’était un homme aussi dévoué à son maître que l’intendant Lendeck l’était au sien.

Étienne Bathory occupait une non moins modeste demeure de la Corsia Stadion, à peu près dans le même quartier que le comte Zathmar. C’est là que se concentrait toute sa vie entre sa femme et son fils Pierre, alors âgé de huit ans.

Étienne Bathory appartenait, quoique à un degré éloigné, mais authentiquement, à la lignée de ces princes magyars, qui, au seizième siècle, occupèrent le trône de Transylvanie. La famille s’était divisée et perdue en de nombreuses ramifications depuis cette époque, et l’on eût été étonné, sans doute, d’en retrouver un des derniers descendants dans un simple professeur de l’Académie de Presbourg. Quoi qu’il en fût, Étienne Bathory était un savant de premier ordre, de ceux qui vivent retirés,