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le comte sandorf.

à les former. En effet, sans la grille ou le dictionnaire, si l’on ne peut arriver à lire ces dépêches, tout le monde les lira, au contraire, si le dictionnaire ou la grille ont été dérobés.

C’était donc au moyen d’une grille, c’est-à-dire un découpage en carton, troué à de certaines places, que les correspondances du comte Sandorf et de ses partisans étaient composées ; mais, par surcroît de précautions, au cas même où les grilles dont ses amis et lui se servaient eussent été perdues ou volées, il n’en serait résulté aucun inconvénient, car, de part et d’autre, toute dépêche, dès qu’elle avait été lue, était immédiatement détruite. Donc, il ne devait jamais rester trace de ce complot, dans lequel les plus nobles seigneurs, les magnats de la Hongrie, unis aux représentants de la bourgeoisie et du peuple, allaient jouer leur tête.

Précisément, Ladislas Zathmar venait de brûler les dernières dépêches, lorsque l’on frappa discrètement à la porte du cabinet.

C’était Borik, qui introduisait le comte Mathias Sandorf, venu à pied de la gare voisine.

Ladislas Zathmar alla aussitôt à lui :

« Votre voyage, Mathias ?… demanda-t-il avec l’empressement d’un homme qui veut être rassuré tout d’abord.