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la maison toronthal.

et la profusion des diamants que leurs femmes exhibent dans les loges du Teatro Communale ou de l’Armonia.

Entre toutes ces opulentes familles, on citait à cette époque celle du banquier Silas Toronthal.

Le chef de cette maison, dont le crédit s’étendait bien au delà du royaume austro-hongrois, était alors âgé de trente-sept ans. Il occupait avec Mme Toronthal, plus jeune que lui de quelques années, un hôtel de l’avenue d’Acquedotto.

Silas Toronthal passait pour être très riche, et il devait l’être. De hardies et heureuses spéculations de Bourse, un large courant d’affaires avec la Société du Lloyd autrichien et autres maisons considérables, d’importants emprunts dont l’émission lui avait été confiée, ne pouvaient avoir amené que beaucoup d’argent dans ses caisses. De là, un grand train de maison, qui le mettait très en évidence.

Cependant, ainsi que l’avait dit Sarcany à Zirone, il était possible que les affaires de Silas Toronthal fussent alors quelque peu embarrassées, — du moins momentanément. Qu’il eût reçu, sept ans avant, le contre-coup du trouble apporté dans la Banque et à la Bourse par la guerre franco-italienne, puis, plus récemment, par cette campagne que ter-