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la maison toronthal.

— De nos intérêts ? répéta Silas Toronthal. Pourquoi tenez-vous à me mêler à cette affaire ?

— Parce qu’elle en vaut la peine, et que vous en retirerez un grand bénéfice !

— Eh ! que ne la faites-vous seul ?

— Non ! J’ai besoin de votre concours !

— Expliquez-vous donc enfin !

— Pour arriver à mon but, il me faut du temps, et pour attendre, il me faut de l’argent. Or, je n’en ai plus !

— Votre crédit chez moi est épuisé, vous le savez !

— Soit ! Vous m’en ouvrirez un autre !

— Et qu’y gagnerai-je ?

— Ceci : Des trois hommes que je vous ai nommés, deux sont sans fortune, le comte Zathmar et le professeur Bathory, mais le troisième est riche, extrêmement. Les biens qu’il possède en Transylvanie sont considérables. Or, vous n’ignorez pas que, s’il est arrêté comme conspirateur, et condamné, ses biens confisqués iront pour la plus grande part à ceux qui auront découvert et dénoncé la conspiration !… Vous et moi, Silas Toronthal, nous partagerons ! »

Sarcany se tut. Le banquier ne répondait pas. Il réfléchissait à ce qu’on lui demandait comme entrée de jeu. D’ailleurs, ce n’était point un homme