Page:Verne - Michel Strogoff - Un drame au Mexique, 1905.djvu/358

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les traités de commerce signés avec la Grande-Bretagne, et malgré l’arrivée du chargé d’affaires de Londres, qui avait reconnu la république, le gouvernement mexicain n’avait pas un navire à sa disposition pour protéger ses côtes !

Quel qu’il fût, ce bâtiment ne pouvait être qu’un hardi aventurier, et les vents de nord-est, qui soufflent bruyamment dans ces parages depuis l’équinoxe d’automne jusqu’au printemps, devaient rudement prendre la mesure de ses ralingues ! Or, les habitants d’Acapulco ne savaient qu’imaginer et se préparaient à tout hasard à repousser une descente d’étrangers, quand ce bâtiment tant redouté déroula à sa corne le drapeau de l’indépendance mexicaine !

Arrivée à une demi-portée de canon du port, la Constanzia, dont le nom pouvait se lire visiblement alors au tableau de l’arrière, mouilla subitement. Ses voiles se relevèrent sur les vergues, et une embarcation déborda, qui eut bientôt accosté le port.

Le lieutenant Martinez, aussitôt débarqué, se rendit chez le gouverneur et le mit au fait des circonstances qui l’amenaient. Celui-ci approuva la résolution qu’avait prise le lieutenant de se rendre à Mexico pour obtenir du général Guadalupe Vittoria, président de la Confédération, la ratification du marché. Cette nouvelle fut à peine connue dans la ville, que les transports de joie éclatèrent. Toute la population vint admirer le premier navire de la marine mexicaine, et vit, dans sa possession, avec une preuve de l’indiscipline espagnole, un moyen de s’opposer plus complètement encore à toute tentative nouvelle de ses anciens maîtres.

Martinez revint à son bord. Quelques heures après, le brick la Constanzia avait été affourché dans le port, et son équipage était hébergé chez les habitants d’Acapulco.

Seulement, lorsque Martinez fit l’appel de ses gens, Pablo et Jacopo avaient tous deux disparus.

Le Mexique est caractérisé entre toutes les contrées du globe par l’étendue et la hauteur du plateau qui en occupe le centre. La chaîne des Cordillières, sous le nom général d’Andes, traverse toute l’Amérique méridionale, sillonne le Guatemala, et, à son entrée dans le Mexique, se divise en deux branches qui accidentent parallèlement les deux côtés du territoire. Or, ces deux branches ne sont que les versants de l’immense plateau d’Anahuac, situé à deux mille cinq cents mètres au-dessus des mers voisines. Cette succession de plaines, beaucoup plus étendues et non moins uniformes que celles du Pérou et de la Nouvelle-Grenade, occupe environ les trois cinquièmes du pays. La Cordillière, en pénétrant dans l’ancienne intendance de Mexico, prend le nom de « Sierra Madre », et, à la hau-