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un capitaine de quinze ans.

queue, qui sert a gouverner une embarcation de ce genre. Un simple gouvernail, en effet, n’aurait pas une action assez prompte, et, dans le cas où les avirons de côté seraient mis hors de service, l’aviron de queue, bien manœuvré, peut mettre la baleinière hors de la portée des coups du monstre.

Restait donc le capitaine Hull. Il s’était réservé le poste de harponneur, et, ainsi qu’il l’avait dit, ce ne serait pas son début. C’est lui qui devait d’abord lancer le harpon, puis surveiller le déroulement de la longue ligne fixée à son extrémité, puis enfin achever l’animal à coups de lance, lorsqu’il reviendrait à la surface de l’Océan.

Les baleiniers emploient quelquefois des armes à feu pour ce genre de pêche. Au moyen d’un engin spécial, sorte de petit canon disposé soit à bord du navire, soit sur l’avant de l’embarcation, ils lancent ou un harpon qui entraîne avec lui la corde fixée à son extrémité, ou des balles explosives qui produisent de grands ravages dans le corps de l’animal.

Mais le Pilgrim n’était point muni d’appareils de ce genre. Ce sont, d’ailleurs, des engins de haut prix, assez difficiles à manier, et les pêcheurs, peu amis des innovations, semblent préférer l’emploi des armes primitives, dont ils se servent habilement, c’est-à-dire harpon et lance.

C’était donc par les moyens ordinaires, en attaquant la baleine à l’arme blanche, que le capitaine Hull allait tenter de capturer la jubarte, signalée à cinq milles de son navire. Du reste, le temps devait favoriser cette expédition. La mer, très calme, était propice aux manœuvres d’une baleinière. Le vent tendait à mollir, et le Pilgrim ne dériverait que d’une façon insensible, pendant que son équipage serait occupé au large.

La baleinière de tribord fut donc aussitôt amenée, et les quatre matelots s’y embarquèrent.

Howik leur fit passer deux de ces grands javelots qui servent de harpons, puis deux longues lances à pointes aiguës. À ces armes offensives il ajouta cinq paquets de ces cordes souples et résistantes, que les baleiniers appellent « lignes », et qui mesurent six cents pieds de longueur. Il n’en faut pas moins, car il arrive souvent que ces cordes, attachées bout à bout, ne suffisent pas à la « demande », tant la baleine s’enfonce profondément.

Tels étaient les divers engins qui furent soigneusement disposés à l’avant de l’embarcation.

Howik et les quatre matelots n’attendaient plus que l’ordre de larguer l’amarre.