Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/32

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un drame en livonie.

hameau, et dans aucune maison vous ne trouveriez d’indices à son sujet…

— Tu sais, dit le brigadier, que quiconque lui donnerait asile risquerait d’être mis en arrestation et traité comme un de ses complices ?…

— Que le Père nous protège, je le sais et ne m’y risquerai pas !

— Tu as raison, et il est prudent, ajouta Eck, de ne point avoir affaire au major Verder.

— On s’en gardera bien, brigadier. »

Là-dessus, Eck se prépara à sortir en répétant que ses hommes et lui continueraient à battre le pays entre Pernau et Revel, les escouades de police ayant reçu ordre de se tenir en communication.

« En attendant, dit le meunier, voici le vent qui repique au sud-ouest. Il va fraîchir. Vos hommes voudraient-ils me donner un coup de main pour orienter mes ailes ?… Ça m’éviterait de revenir au hameau, et je resterai ici toute la nuit. »

Eck se prêta volontiers à la manœuvre. Ses agents sortirent par la porte opposée, et, saisissant le grand levier de la toiture, ils la firent tourner sur les galets, de manière à placer l’appareil moteur dans le lit du vent. Les toiles développées, le moulin fit entendre son tic tac régulier après le déclenchement de l’engrenage.

Le brigadier et ses agents partirent alors en direction du nord-ouest.

Le fugitif n’avait rien perdu de cette conversation. Ce qu’il devait en retenir, c’est que de plus graves dangers le menaçaient au terme de son aventureux voyage. Il était signalé… La police battait la campagne… Les escouades devaient agir de concert pour s’emparer de sa personne… Convenait-il qu’il essayât de gagner Revel ?… Non, pensa-t-il. Mieux valait se diriger sur Pernau, où il arriverait plus vite… La débâcle, attendu le relè-