Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/44

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Ce n’est plus la timide et simple bachelette
Qui tremblait comme un faon que le chasseur poursuit ;
La rose s’est ouverte après la violette.

Sa beauté, c’est le jour qui dissipe la nuit,
Le grand feu qu’on allume au sommet des montagnes ;
Sa divine jeunesse a la saveur d’un fruit.

Telle, au milieu des fleurs, ses rieuses campagnes,
Apparaît Viviane aux yeux de son amant.
Et lui, songe. Il a vu le soleil des Espagnes,

Il a bu l’âpre vin du pays Allemand
Et goûté la douceur des filles d’Italie ;
Jamais il n’a connu pareil enchantement.

— « Oh ! pourquoi, Viviane, êtes-vous si jolie ?
Quand vous me regardez, qu’avez-vous dans les yeux ?
Il passe sur mon front comme un vent de folie.

« Devant ce frais visage à l’air impérieux
Je ne sais que plier les genoux comme un lâche.
Je tremble et rependant je vois s’ouvrir les cieux. »

Et Viviane dit : — « Qu’est-ce donc qui vous fâche ?
Si je suis belle ainsi, c’est de vous avoir plu.
Vous plaire est tout mon rêve et mon unique tâche.