Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/55

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Viviane sourit d’un sourire innocent,
Doux comme la jeunesse et comme la fortune,
Et le Sage à ses pieds se couche, obéissant.

Elle a pris dans ses mains la belle tête brune
Qu’elle baise, en pleurant, d’un air passionné ;
Ses yeux ont le bleu tendre et changeant de la lune.

Puis autour d’un rosier elle a sept fois tourné,
En murmurant sept fois l’incantation lente.
Merlin s’endort. C’est fait ; il est emprisonné.


X


Les grands arbres, les fleurs, la fontaine coulante
Se sont évanouis comme un songe, et l’enfant,
Fière de son triomphe, en est toute tremblante.

Elle jette à l’entour un regard triomphant.
Et voici qu’un château miraculeux se dresse
Et qu’au loin retentit le son de l’olifant.

Un château s’est dressé dont elle est la maîtresse,
Où restera fidèle, ah ! pour l’éternité !
L’enchanteur aux genoux de son enchanteresse.