Page:Vicaire - L’Heure enchantée, 1890.djvu/68

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Isoline se pend au cou du réprouvé.
Ainsi que deux ramiers dont les chants se répondent
Ils sont unis. Leurs voix, leurs souffles se confondent.
Voici l’instant divin qu’elle avait tant rêvé.

Isoline a goûté la bouche qui l’enchante.
Tout son corps s’abandonne aux lèvres de l’amant.
Son cœur s’en va, s’en va délicieusement
Comme, au milieu des fleurs, la rivière qui chante.

Il a vaincu, le fier et libre adolescent.
Ivre de joie, il jette au ciel un cri sauvage.
Comme lui sans mesure et vierges de servage,
La mer, les champs, les bois ont reconnu leur sang.


IV


 
Allons, belle fille,
Charmer l’Orient ;
Partons, en riant,
Sur la mer qui brille.

De l’ombre émergeant,
Gracieuse et claire,
La nuit, pour te plaire,
S’habille en argent.