Page:Vigée-Lebrun - Souvenirs de Mme Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun, tome 2.djvu/12

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voir tant de tableaux divins sans croire à l’inspiration que l’artiste chrétien puise dans sa croyance : la fable a sans doute de charmantes fictions ; mais la poésie du christianisme me semble bien plus belle.

Je montai tout au haut de l’église Saint-Jean ; là, je m’établis dans le cintre pour admirer de près une coupole où le Corrége a peint plusieurs anges dans une gloire, entourés de nuages légers. Ces anges sont réellement célestes ; leurs physionomies, toutes variées, ont un charme impossible à décrire. Mais, ce qui m’a le plus surpris, c’est que les figures sont d’un fini tel, qu’en les regardant de près, on croit voir un tableau de chevalet sans que cela nuise en rien à l’effet de cette coupole, vue du bas de l’église.

On peut admirer aussi dans l’église de Saint-Antoine, en entrant à gauche, une autre figure de ce grand peintre, la plus gracieuse que je connaisse, et d’une couleur inimitable.

J’ai remarqué dans la bibliothèque de Parme un buste antique d’Adrien, très bien conservé.