Page:Vigny - Journal d’un poète, éd. Ratisbonne, 1867.djvu/122

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1837


4 DÉCEMBRE 1837. — Ce matin, la messe funèbre de Berlioz pour l’enterrement du général Damrémont. L’aspect de l’église était beau ; au fond, sous la coupole, trois longs rayons tombaient sur le catafalque préparé et faisaient resplendir les lustres de cristal d’une singulière lumière. — Tous les drapeaux pris sur l’ennemi étaient rangés au haut de l’église et pendaient, tout percés de balles. La musique était belle et bizarre, sauvage, convulsive et douloureuse. Berlioz commence une harmonie et la coupe en deux par des dissonances imprévues qu’il a calculées exprès.

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Le 7 décembre, à cinq heures du soir, est mort Alfred Johannot. J’ai appris hier sa mort de Gigoux, qui avait passé la nuit chez lui avec Tony Johannot, pour peindre la tête morte d’Alfred Johannot.