Page:Villiers de L'Isle-Adam - Contes cruels.djvu/315

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Moi, ma nuit au sombre voile
N’a, pour charme et pour clarté,
Qu’une fleur et qu’une étoile :
Mon amour et ta beauté !



II

L’AVEU


J’ai perdu la forêt, la plaine
Et les frais avrils d’autrefois…
Donne tes lèvres : leur haleine,
Ce sera le souffle des bois !

J’ai perdu l’Océan morose,
Son deuil, ses vagues, ses échos ;
Dis-moi n’importe quelle chose :
Ce sera la rumeur des flots.

Lourd d’une tristesse royale,
Mon front songe aux soleils enfuis…
Oh ! cache-moi dans ton sein pâle !
Ce sera le calme des nuits !


III

LES PRÉSENTS


Si tu me parles, quelque soir,
Du secret de mon cœur malade,
Je te dirai, pour t’émouvoir,
Une très ancienne ballade.