Page:Villiers de L'Isle-Adam - L’Ève future, 1909.djvu/218

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Puis, en manière de conclusion tranquille :

― Allons, ajouta-t-il, était-ce vraiment la peine de devenir déshonnête, de dénuer les siens, d’oublier toute vieille espérance infinie, et de sauter, la tête basse, dans on ne sait quel vil suicide… pourquoi ?

Pour le contenu de ce tiroir.

Ah ! les gens trop positifs ! Quels poètes, lorsqu’ils se mettent à vouloir, aussi, chevaucher des nuages ! ― Et penser que la moyenne annuelle de cinquante-deux à trois mille cas (certes beaucoup moins monstrueux, mais, sous un peu d’analyse, à peu près identiques dans leur genre, à celui-ci), est ascendante en Amérique et en Europe, et que la plupart des victimes ― au moins de la laideur morale de nos « irrésistibles » exécutrices, ― sont, pour la plupart, des gens doués du sens commun le plus terre à terre, le plus pratique, et fort dédaigneux de tous ces songe-creux qui, du fond de leur solitude préférée, les regardent fixement.


VI


Honni soit qui mal y pense !



Et, se jetant de loin un regard irrité,
Les deux sexes mourront chacun de son côté.

Alfred de Vigny, Les Destinées.


Alors, continua Edison, ayant ainsi rassemblé ces preuves que mon malheureux ami n’avait jamais serré dans ses bras qu’une morne chimère et que, sous cet attirail non pareil, l’être hybride