Page:Villiers de L’Isle-Adam - Axël, 1890.djvu/89

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des souffles, et nous sommes les feuilles qu’elles emportent.


Gotthold

C’est égal : lorsque Axël d’Auërsperg rompra le silence dans quelque solennel moment, cela sonnera, je crois, le son rude.


Miklaus, hochant la tête

Aux grands vents battent les grandes portes !


Gotthold, presque à lui-même

Ah ! c’est qu’il fut toujours, en sa nature, de devenir un homme… surhumain.

Bruits de tonnerre ; lueurs d’orage ; lointaines rumeurs des bois.

Miklaus, se levant et allant à une fenêtre

Mais, — quel temps !… Le ciel a changé, pendant nos ressouvenances ! La tourmente secoue la montagne. Heureusement, le donjon est encore solide.


Gotthold, debout et regardant aussi au lointain

C’est vrai. Déjà les éclairs bleuissent l’horizon. Voyez donc les sapins : comme la foudre en illumine les profondeurs !

Ils écoutent la tempête.