Page:Vilmorin-Andrieux - Les plantes potagères, 1883.djvu/20

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était l’ébauche plutôt que la première édition de notre travail actuel, ne contenait pas de renseignements culturaux et renvoyait aux articles consacrés à chaque légume dans le Bon Jardinier. Depuis lors l’industrie horticole, comme toutes les autres, s’est spécialisée : il a paru un bon nombre de traités sur la culture de certaines espèces ou de certains groupes d’espèces de plantes potagères ; il s’est formé, en un mot, une bibliothèque horticole spéciale, qui oblige à des recherches assez longues si l’on veut réunir, en les prenant aux meilleures sources, toutes les indications nécessaires à la conduite d’un potager. Nous avons pensé rendre service à nos lecteurs en leur donnant très brièvement, en tête de l’article concernant chaque légume, des indications sommaires sur les principaux soins de culture qu’il exige ; mais nous nous empressons d’ajouter que ces indications ne doivent être considérées que comme un aide-mémoire, et que nous ne les donnons en aucune façon comme propres à suppléer aux enseignements des ouvrages classiques d’horticulture, ni à ceux des traités spéciaux dont nous parlions tout à l’heure.

Enfin, nous terminons l’article consacré à chaque plante par quelques données sur l’usage auquel on l’emploie et sur les parties de la plante qui sont utilisées. Dans bien des cas ce renseignement peut paraître oiseux, et pourtant il aurait été utile quelquefois de l’avoir dès les premiers essais de culture de plantes nouvelles. C’est ainsi que pendant longtemps on a traité de détestable épinard la bardane géante du Japon, parce qu’on voulait en utiliser les feuilles, tandis qu’elle est cultivée dans son pays pour ses racines tendres et charnues.

Voilà le plan que nous avons suivi dans la rédaction de l’ouvrage que nous présentons aujourd’hui au public. Nous n’avons pas réussi, nous le savons bien, à donner un tableau exact de ce qu’est l’ensemble des plantes potagères connues, et cela par la simple raison qu’on ne saurait fixer par le langage, pas plus que par le dessin, ce qui est par son essence instable et perpétuellement changeant. Si le règne végétal présente sans cesse à l’observateur le spectacle de modifications de toutes sortes dans les caractères des plantes, c’est surtout dans les végétaux soumis à la culture que ces changements de forme, d’aspect, d’importance relative des différents organes sont principalement remarquables et importants. Profitant de la tendance qu’ont tous les végétaux à varier sous l’influence des conditions extérieures où ils se trouvent placés, mettant en œuvre l’action de la reproduction sexuelle, qui combine et parfois exagère dans le produit les particularités individuelles de structure ou d’aptitudes des deux auteurs, l’homme pétrit, pour ainsi dire, à son gré la matière vivante, et façonne les plantes suivant ses besoins ou ses caprices, les pliant aux formes les plus imprévues et leur faisant subir les transformations les plus étonnantes ; mais toujours dans les limites de variation de l’espèce. Cette action de l’homme n’a en définitive pour résultat que la production et