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POMME DE TERRE
Solanum tuberosom L.
Fam. des Solanées.


Synonymes : Parmentière, Patate des jardins, P. de la Manche, P. de Virginie, Tartaufe, Tartufle, Trufelle, Morelle truffe.
Noms étrangers : angl. Potato. all. Kartoffel. flam. et holl. Aardappel. dan. Jordepeeren. ital. Patata, esp. et port. Patatas. esp. (Am.) Papa.


Des hautes montagnes de l’Amérique méridionale.Annuelle, vivace par ses tubercules. — L’histoire de la découverte et de l’introduction de la pomme de terre en Europe est assez obscure. Il parait certain cependant que c’est vers la fin du xvie siècle que la plante a commencé à se répandre et à être employée comme légume.

La culture en a été adoptée d’abord dans les Pays-Bas, en Lorraine, en Suisse, dans le Dauphiné, s’est même répandue en Espagne et en Italie avant de devenir usuelle dans le centre et le nord de la France. Ce n’est, en effet qu’après les travaux et les publications de Parmentier que la pomme de terre a été appréciée à sa juste valeur dans les environs de Paris et dans les régions avoisinantes. C’est à peu près à la même époque que la culture en a pris de l’importance en Angleterre. L’extension en a été depuis cette époque extrêmement rapide, et malgré l’invasion de la maladie qui a pu, vers le milieu du siècle, faire craindre la ruine complète de cette culture, la pomme de terre conserve le premier rang parmi les tubercules alimentaires.

Le nombre des variétés de la pomme de terre est prodigieux. On en compterait plusieurs milliers, si l’on voulait enregistrer toutes celles qui ont été obtenues et recommandées depuis cent ans dans les différents pays. Cette extrême multiplicité de variétés nous a obligés d’en écarter un très grand nombre, et nous nous bornerons, pour ne pas rendre cet ouvrage trop volumineux, à décrire une quarantaine de variétés qui nous paraissent des plus distinctes en même temps que des plus recommandables.

La tige de la pomme de terre est habituellement pleine, plus ou moins carrée, souvent relevée d’ailes membraneuses sur les angles. Les feuilles sont composées, formées de folioles ovales, entre lesquelles se trouvent le plus souvent de petites expansions foliacées ressemblant à d’autres folioles plus petites. Les fleurs sont en bouquets axillaires et terminaux ; la corolle en est entière, étalée en roue, à cinq pointes ; elle varie du blanc pur au violet.

Beaucoup de variétés ne fleurissent pas, et, parmi celles qui fleurissent, un grand nombre ne donnent jamais de fruits. Ceux-ci consistent en baies arrondies ou très courtement ovoïdes ; elles sont vertes, ou rarement teintées de brun violacé, de 0m,02 à 0m,03 de diamètre. Elles contiennent, au milieu d’une pulpe verte et très acre, de petites graines blanches, aplaties, réniformes. On ne s’en sert que pour obtenir de nouvelles variétés.

Les tubercules, qui ne sont que des rameaux souterrains renflés et remplis de fécule, présentent, suivant les variétés, de très grandes différences de forme et de couleur. On les distingue habituellement en tubercules ronds, oblongs, longs-entaillés et longs-lisses. A ces caractères et à ceux qu’on tire de la couleur, on peut ajouter encore ceux que fournissent les germes