Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 7.djvu/565

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[puits]
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Il existe encore un grand nombre de puits du moyen âge dans nos vieilles villes, dans les châteaux, les cloîtres, les palais et les maisons. Ils sont revêtus de pierres de taille ; leur diamètre est très-variable. Il est des puits qui n’ont que trois pieds de diamètre dans œuvre, d’autres qui ont jusqu’à deux et trois toises.

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Presque toutes les églises possèdent un puits, soit percé dans une crypte, soit dans un collatéral. Ces puits avaient primitivement été creusés pour les besoins des constructeurs ; l’édifice terminé, on posait une margelle à leur orifice, et ils étaient réservés au service du culte. La plupart des cloîtres de monastères étaient pourvus d’un puits, quand la situation des lieux ne permettait pas d’avoir une fontaine à fleur de terre. Les margelles de ces puits sont taillées avec soin, souvent dans un seul morceau de pierre, et ornées de sculptures. L’eau était tirée au moyen d’un seau suspendu à une corde roulant sur une poulie ; la suspension de la poulie devenait un motif de décoration, parfois très-heureusement conçu. Le seau d’extraction de l’eau étant fixé à la corde, pour jeter cette eau dans le vase transportable, il était souvent pratiqué autour de la margelle une sorte de caniveau avec gargouille. On voit encore de