Page:Vivien - Brumes de fjords.djvu/79

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Plus bleus que les gentianes.

Elle cueillit les diamants,

Plus blancs que les pâquerettes.

La bergère cueillit les fleurs éternelles,

Mais elles n’avaient point de parfum.

Ses compagnes l’appelèrent du haut des rochers.

Ses compagnes l’appelèrent en pleurant.

Elle leur tendit les bras des profondeurs de la montagne.

Ses larmes coulèrent sur les fleurs sans parfum,

Mais elle ne put répondre à ses compagnes,

Car, déjà, elle avait oublié leur langage.

Elle ne respira plus l’air des sommets,

Ses pas ne foulèrent plus la neige virginale,

Car ses yeux s’étaient accoutumés à la nuit.

Elle était devenue aveugle dans la profondeur des montagnes,

Elle avait oublié le chemin qui mène aux sommets,

Elle avait perdu le désir de revoir les hauteurs.




Illustration 22 Brumes de fjords.svg