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LOCUSTA


Je l’ai domptée ainsi qu’une amoureuse esclave.
Elle me suit, passive, impénétrable et grave,
Et je sais la mêler aux effluves des fleurs,

Et la verser dans l’or des coupes des Bacchantes.

J’éteins le souvenir importun du soleil
Dans les yeux alourdis qui craignent le réveil
Sous le regard perfide et cruel des amantes.

J’apporte le sommeil dans le creux de mes mains
Seule, je sais donner des nuits sans lendemains.