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DANS UN COIN DE VIOLETTES

On eût pu lui appliquer le dicton populaire : « Elle avait tout pour être heureuse », puisqu’elle réunissait en elle la beauté, la fortune, et cet autre don qui, si rarement, s’allie aux deux premiers : le talent, un authentique et délicieux talent. Sous le pseudonyme de Renée Vivien, elle avait publié quelques-uns des plus beaux vers, des plus purs et des plus harmonieux qui, sous l’inspiration des anciens Grecs et depuis Chénier, aient paru dans notre langue française.

Sa mort — faut-il le dire ? — passa totalement inaperçue. À peine quelques brèves notes dans les journaux, aux informations diverses, et de courts articles nécrologiques. Le monde littéraire se passionnait alors pour les démêlés de M. Guitry avec son impresario, et cette grave question de savoir si les casques emplumés des multiples gallinacés, destinés à la figuration de Chantecler, seraient adhérents ou mobiles… Et l’on conçoit que, pour le Tout-Paris littéraire, ce soient là des questions qui passent toutes autres en intérêt ! Ah ! quiconque ne se rattache pas, de façon directe ou indirecte, aux sacro-saintes