Page:Vogüé - Jean d Agrève, 1898.djvu/86

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jean d’agrève.

vérité, j’aurais été incapable, quand l’amiral a dit ce nom, de le remettre sur ce visage très présent à ma mémoire ; mais présent comme une obsession qui revient dans les songes, sans rattachements précis à la vie localisée, datée, où ]es personnes que l’on connaît ont leur casier.

Une figure énigmatique ! C’est le piège habituel, et si grossier ! Ne sais-je pas que l’énigme de la femme est presque toujours à fleur d’épiderme, dans certaines combinaisons de lignes, certains arrangements de physionomie, sinon même dans un sourire appris devant le miroir ? Sous ses dehors mystérieux, le sphinx ne cache le plus souvent qu’une désespérante banalité. Je soupçonne Mme Joconde elle-même de nous en imposer à peu de frais ; elle fut peut-être dans la pratique quotidienne une bourgeoise comme toutes celles de sa rue. — Laissons tomber l’agréable excitation d’un beau soir. Il va faire jour dans quelques heures : j’irai relever la compagnie de perdrix qu’on m’a signalée à la Sardinière ; je lirai au retour un bon livre. Après demain, je pousserai une reconnaissance à Toulon : on parlait sur la Triomphante d’un prochain mouvement dans le personnel. Et nous ne penserons plus