Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome33.djvu/208

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186. — À M. THIERIOT[1].

10 mars 1729.

Noli amico tuo erranti amplius scribere quia ad te quam primum properabit. Priusquam in Lutetia latere possim ; in uno e vicinis pagis stabo aliquot dies. In all likelihood I will stay at Saint-Germain, and there I intend to arrive before the fifteenth ; therefore, if you love me, be ready to meet me in that place against the first call. You can borrow a chaise from your Nocé ex Timonis familia oriundo, and steal away with your old friend for three or four days. Primitias veris in alter utriusque sinu fruemur et sacra amicitiæ vincula stringemus. Farewell, be healthy, expect me and love me[2].



187. — À M. THIERIOT[3].

25 mars 1729.

If you can forget a few days your golden palace, your feasts, and fumum et opes strepitumque Romæ, come hither, you will find a homely frugal fare, a bard bed, a poor room ; but here is a friend who expects you.

    que Görtz eût poussé ses vastes desseins sur le Prétendant et sur l’Empire.

    N’oubliez pas de me mettre en faveur auprès de M. de Croissy, que j’estime beaucoup.

    Lorsque vous verrez M. de Maisons, dites-lui que vous ne savez pas où je suis à présent ; mais priez-le de s’occuper à finir ses remarques, et de rendre le manuscrit aussitôt qu’il pourra.

    Voici une autre question plus importante que tout le reste :

    Deux ou trois historiens, ou plutôt des compilateurs de gazettes, ont rapporté confidentiellement que le roi Auguste de Pologne, lors de son rétablissement sur le trône, fit décapiter un nommé Fengsten son conseiller particulier, pour avoir signé la paix honteuse d’Altranstadt, afin de faire croire au monde que Fengsten lui en avait imposé, et pour charger un sujet innocent de tout l’odieux et de toute la honte de ce traité. J’ai plusieurs raisons de douter de la véracité de ce fait. Parlez-en, je vous prie, à M. de Brancas, et informez-vous à lui s’il ne connaîtrait pas une personne qui pût donner des renseignements positifs sur cette affaire, vous obligerez beaucoup votre ami. Adieu.

    N’oubliez pas l’abbé Dubos. Je t’aime, de par Dieu !

  1. Pièces inédites, 1820.
  2. Traduction. N’écrivez plus à votre ami errant, parce qu’au premier moment vous le verrez paraitre. Avant que je puisse me cacher à Paris, je m’arrêterai quelques jours dans un des villages voisins de la capitale : il est vraisemblable que je m’arrêterai à Saint-Germain, et je compte y arriver avant le 15. C’est pourquoi, si vous m’aimez, préparez-vous à venir m’y trouver au premier appel. Vous pouvez emprunter une voiture de Nocé ex Timonis familia oriundo, et vous pourrez demeurer avec votre ancien ami trois ou quatre jours. Nous jouirons des premiers jours du printemps, et nous resserrerons les liens sacrés de l’amitié. Adieu, portez-vous bien, Attendez-moi et aimez-moi.
  3. Pièces inédites, 1820.