Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome6.djvu/454

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Me disait que la femme est coiniuo la girouette ;
Quaud elle est ueuve encore, à toute heure on l’entend,
Elle brille aux regards, elle tourne à tout vent ;
Elle se fixe enfin quand le temps fa rouillée.

LE JEUNE GOURVILLE.

De ta comparaison j’ai fume émerveillée ;
Fixe-toi pour Picard, rouille-toi, mon entant :
Ninon n’en fera rien pour notre ami Garant.

LISETTE.

La chose est pourtant sûre.

LE JEUNE GOURVILLE,

Ouais ! Ninon marguilliers !

LISETTE,

Croyez-le.

LE JEUNE GOURVILLE.

Je le crois, et je ne le crois guère ;
Mais on voit des marchés non moins extravagants,
Et Paris est rempli de ces événements.
Aujourd’hui fou en rit, demain on les oublie :
Tout passe et tout renaît ; chaque jour sa folie.
Mais quel train, quel fracas, quel trouble, elle verra
Dans sa propre maison lorsqu’elle y reviendra !
Comment sauver Agnant, cette fille si chère ?
Que ferons-nous ici de mon benêt de frère,
De l’avocat Placet, et de madame Agnant ?

LISETTE.

Ils ont déjà cherché, dans chaque appartement.
Ils n’ont pu déterrer la petite Sophie.

LE JEUNE GOURVILLE.

Au fond je suis fâché que mon espièglerie
Ait à mon frère aîné causé tant de tourment ;
Mais il faut bien un peu décrasser un pédant :
Ce sont là des leçons pour un grand philosophe.

LISETTE.

Oui ; mais madame Agnant paraît d’une autre étoffe ;
Elle est à craindre ici.

LE JEUNE GOURVILLE.

Bon ! tout s’apaisera ;
Car enfin tout s’apaise : un quartant suffira
Pour faire oublier tout au bonhomme de père ;
Et plus en ce moment sa femme est en colère.
Plus nous verrons bientôt s’adoucir son humeur.