Page:Voltaire - Dictionnaire philosophique portatif, 6e édition, tome 1.djvu/16

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PREFACE des EDITEURS


dont les lecteurs font eux-mêmes la moitié ; ils étendent les pensées dont on leur présente le germe ; ils corrigent ce qui leur semble défectueux, & fortifient par leurs réflexions ce qui leur paraît faible.

Ce n’est même que par des personnes éclairées que ce livre peut être lu ; le vulgaire n’est pas fait pour de telles connaissances ; la philosophie ne sera jamais son partage. Ceux qui disent qu’il y a des vérités qui doivent être cachées au peuple, ne peuvent prendre aucune allarme ; le peuple ne lit point ; il travaille six jours de la semaine, & va le septiéme au cabaret, en un mot, les ouvrages de philosophie ne sont faits que pour les philosophes, & tout honnête homme doit chercher à être philosophe sans se piquer de l’être.

Nous finissons par faire de très-humbles excuses aux personnes de considération qui nous ont favorisés de quelques nouveaux articles, de n’avoir pu les employer comme nous l’aurions voulu ; ils sont venus trop tard. Nous n’en sommes pas moins sensibles à leur bonté, & à leur zèle estimable.


TA-