Page:Voltaire - La Raison par alphabet, 6e édition, Cramer, 1769, tome 1.djvu/175

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Du Christianisme.

paravant que par le nom de frères, de saints ou de fidèles. Dieu qui était descendu sur la terre pour y être un exemple d’humilité & de pauvreté, donnait ainsi à son Église les plus faibles commencemens, & la dirigeait dans ce même état d’humiliation, dans lequel il avait voulu naître. Tous les premiers fidèles furent des hommes obscurs, ils travaillent tous de leurs mains. L’apôtre Paul témoigne qu’il gagnait sa vie à faire des tentes. St. Pierre ressuscita la couturière Dorcas qui faisait les robes des frères. L’assemblée des fidèles se tenait à Joppé, dans la maison d’un corroyeur nommé Simon, comme on le voit au chap. 9 des Actes des apôtres.

Les fidèles se répandirent secrètement en Grèce, & quelques-uns allèrent de là à Rome, parmi les Juifs à qui les Romains permettaient une synagogue. Ils ne se séparèrent point d’abord des Juifs ; ils gardèrent la circoncision ; & comme on l’a déjà remarqué ailleurs, les quinze premiers évêques de Jérusalem furent tous circoncis.

Lorsque l’apôtre Paul prit avec lui Timothée qui était fils d’un père Gentil, il le circoncit lui-même dans la petite ville de Listre. Mais Tite son autre disciple, ne voulut point se soumettre à la circoncision. Les frères disciples de Jésus furent unis aux Juifs, jusqu’au tems où Paul essuya une persécution à Jérusalem, pour avoir amené des étrangers dans le temple. Il était accusé par les Juifs de vouloir détruire la loi Mosaïque par Jésus-Christ. C’est pour se