Page:Voltaire - La Raison par alphabet, 6e édition, Cramer, 1769, tome 1.djvu/188

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Histoire.

cifugaces (selon Minutius Félix). Philon les appelle Gesséens. Leurs noms les plus communs, dans les quatre premiers siècles chez les Gentils, étaient ceux de Galiléens, & de Nazaréens, mais celui de Chrétiens a prévalu sur tous les autres.

Ni la hiérarchie, ni les usages ne furent établis tout d’un coup ; les tems apostoliques furent différens des tems qui les suivirent. St. Paul dans sa Ie aux Corinthiens nous apprend que les frères, soit circoncis, soit incirconcis, étant assemblés, quand plusieurs prophêtes voulaient parler, il fallait qu’il n’y en eût que deux ou trois qui parlassent, & que si quelqu’un pendant ce tems-là avait une révélation, le prophète qui avait pris la parole devait se taire.

C’est sur cet usage de l’Église primitive que se fondent encor aujourd’hui quelques communions chrétiennes, qui tiennent des assemblées sans hiérarchie. Il était permis alors à tout le monde de parler dans l’église excepté aux femmes. Il est vrai que Paul leur défend de parler dans la première aux Corinthiens ; mais il semble aussi les autoriser à prêcher, à prophétiser, dans la même épître au chapitre 11, vs. 5. Toute femme qui prie & prophétise tête nue, souille sa tête ; c’est comme si elle était rasée. Les femmes crurent donc qu’il leur était permis de parler, pourvû qu’elles fussent voilées.

Ce qui est aujourd’hui la Ste. Messe, qui se célèbre au matin, était la Cène qu’on faisait le soir ; ces usages changèrent à mesure que