Page:Voltaire - La Raison par alphabet, 6e édition, Cramer, 1769, tome 1.djvu/222

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Confession.

publique d’une femme arrivé à Constantinople au quatrième siècle, fit abolir la confession.

La confession secrète qu’un homme fait à un autre homme, ne fut admise dans notre Occident que vers le septième siècle. Les Abbés commencèrent par exiger que leurs moines vinssent deux fois par an leur avouer toutes leurs fautes. Ce furent ces Abbés qui inventèrent cette formule, je t’absous autant que je le peux & que tu en as besoin. Il semble qu’il eût été plus respectueux pour l’Être suprême, & plus juste, de dire, Puisse-t-il pardonner à tes fautes & aux miennes !

Le bien que la confession a fait, est d’avoir quelquefois obtenu des restitutions des petits voleurs. Le mal est d’avoir quelquefois dans les troubles des États forcé les pénitens à être rebelles & sanguinaires en conscience. Les prêtres Guelfes refusaient l’absolution aux Gibelins, & les prêtres Gibelins se gardaient bien d’absoudre les Guelfes. Les assassins des Sforces, des Médicis, des Princes d’Orange, des Rois de France, se préparèrent aux parricides par le sacrement de la confession.

Louis XI., la Brinvilliers se confessaient dès qu’ils avaient commis un grand crime, & se confessaient souvent comme les gourmands prennent médecine, pour avoir plus d’appétit.

Si on pouvait être étonné de quelque chose, on le serait d’une bulle du pape Grégoire XV. émanée de sa Sainteté le 30 août 1622, par laquelle il ordonne de révéler les confessions en certains cas.