Page:Voltaire - La Raison par alphabet, 6e édition, Cramer, 1769, tome 1.djvu/242

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David.

païs, qui à peine produit du bled, quand on a fait cuire les laboureurs dans des fours à briques, & qu’on les a sciés en deux, il reste peu de gens pour cultiver la terre ; mais le Seigneur répond que c’est parce que Saül avait tué autrefois des Gabaonites.

Que fait aussitôt le bon David ? il assemble les Gabaonites ; il leur dit que Saül avait eu grand tort de leur faire la guerre ; que Saül n’était point comme lui selon le cœur de Dieu, qu’il est juste de punir sa race, & il leur donne sept petits-fils de Saül à pendre, lesquels furent pendus, parce qu’il y avait eu famine. (2e. Rois chap. 21.)

C’est un plaisir de voir comment cet imbécille de Dom Calmet justifie & canonise toutes ces actions, qui feraient frémir d’horreur si elles n’étaient incroyables.

Je ne parlerai pas ici de l’assassinat abominable d’Uria, & de l’adultère de Betzabéa ; elle est assez connue ; & les voies de Dieu sont si différentes des voies des hommes, qu’il a permis que Jésus-Christ descendît de cette infâme Betzabéa, tout étant purifié par ce saint mystère.

Je ne demande pas maintenant comment Jurieu a eu l’insolence de persécuter le sage Bayle pour n’avoir pas approuvé toutes les actions du bon roi David, mais je demande comment on a souffert qu’un homme tel que Jurieu molestât un homme tel que Bayle ?