Page:Voltaire - La Raison par alphabet, 6e édition, Cramer, 1769, tome 1.djvu/46

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Ange

ges, à plus forte raison de leur culte ; aussi, les saducéens ne croyaient-ils point aux anges.

Mais dans les histoires des Juifs, il en est beaucoup parlé. Ces Anges étaient corporels, ils avaient des aîles au dos, comme les gentils feignirent que Mercure en avait aux talons ; quelquefois ils cachaient leurs aîles sous leurs vêtements. Comment n’auraient-ils pas eu de corps, puisqu’ils buvaient & mangeaient, & que les habitans de Sodome, voulurent commettre le péché de la pédérastie avec les anges qui allèrent chez Loth.

L’ancienne tradition Juive, selon Ben Maimon, admet dix degrés, dix ordres d’anges. 1. Les Chaios Acodesh, purs, saints. 2. Les Ofamins, rapides. 3. Les Oralim, les forts. 4. Les Chasmalim, les flammes. 5. Les Séraphim, étincelles. 6. Les Malachim, anges, messagers, députés. 7. Les Eloim, les dieux ou juges. 8. Les Ben Eloim, enfans des dieux. 9. Chérubim, images. 10. Ychim, les animés.

L’histoire de la chûte des anges ne se trouve point dans les livres de Moïse ; le premier témoignage qu’on en rapporte est celui du prophète Isaïe, qui apostrophant le Roi de Babilone, s’écrie, Qu’est devenu l’exacteur des tributs ! les sapins & les cèdres se réjouissent de sa chute, comment es-tu tombée du ciel, ô Helel, étoile du matin ? on a traduit cet Helel par le mot latin Lucifer ; & ensuite par un sens allégorique on a donné le nom de Lucifer au prince des Anges qui firent la guerre dans le