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démie partagea le prix Montyon entre Gabrielle d’Augier et La Fille d’Eschyle, et ce triomphe valut à Autran l’héritage considérable et inespéré d’un de ses oncles. Assuré dès lors contre les soucis de la vie matérielle, il publia tour à tour les recueils suivants : Laboureurs et Soldats (1854), La Vie rurale (1856), Épîtres rustiques (1861), Le Poème des beaux jours (1862), Le Cyclope, étude d’après Euripide (1863). « Plusieurs fois candidat à l’Académie française, il fut élu le 7 mai 1868 en remplacement de Ponsard et reçu par M. Cuvillier-Fleury. Il eut pour successeur M. Victorien Sardou. » (Maurice Tourneux.)

« Joseph Autran, dit M. Victorien Sardou dans son Discours à l’Académie, a pu être surnommé le poète de la mer ; mais pour le Provençal lettré, toute la mer, c’est le lac classique où s’est mirée toute l’antiquité grecque et latine, et qui n’a jamais connu, en fait de monstres, que celui d’Hippolyte… La mer ne l’intéresse que dans ses rapports avec l’homme ; ce qu’il décrit surtout, c’est le travail, les souffrances des pauvres gens, marins ou pêcheurs, toujours en lutte avec les flots. Cette préoccupation des petits, des humbles, domine toute son œuvre. »




« — O flots, disaient les vents, pour vous aucun repos,
Aucune trêve !… Allez ainsi que des troupeaux
Que le bâton du berger chasse.
Roulez tumultueux, bouillonnants, hérissés ;
Et, dans votre miroir terni, réfléchissez
L’ouragan qui passe et repasse ! »


Autran


POÈMES DE LA MER

PRÉLUDE


Nous sommes les vagues profondes
Où les yeux plongent vainement ;
Nous sommes les flots et les ondes
Qui déroulent autour des mondes
Leur manteau d’azur écumant !