Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/107

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J’ai consacré mes soins à celui que nul n’aime,
Vous serez en retour mon bon Samaritain.

(Les Prières de ious.)

PRIÈRE DE L’OISEAU

Seigneur, Vous avez mis la force dans mes ailes,
La grâce dans mon vol et l’élan dans mon cœur ;
Mes départs sont légers, — mes retours sont fidèles,
Si je sais des hivers éviter la rigueur.

Mes nids portent bonheur aux toits qu’ils enguirlandent ;
La plume que je perds calfeutre un autre abri ;
Ma vitesse de flèche, et dont les airs se fendent,
Est comme un jet de fleur d’où sortirait un cri.

Je couve les berceaux, et je veille la tombe ;
Je hais tout ce qui rampe, et j’aime en liberté ;
Et l’ardent Saint-Esprit, qui fut une colombe,
Au ciel m’accueillera dans son nid de clarté !

(Les Prières de tous.)

PRIÈRE DU SERVITEUR

J’ai rangé la demeure et refermé la salle ;
Je veille sur les biens de mon maître endormi :
Le grand chien du logis, qui s’étend sur la dalle,
N’a pas ainsi que moi les yeux clos à demi.

J’ai fait taire la vasque et fait luire la lampe ;
J’ai serré la vaisselle et plié les habits ;
Et, dans la paix obscure où s’achève la rampe,
Mes pleurs silencieux coulent sur mon pain bis.

Je n’aurai de repos, Seigneur, que sous la pierre :
Pour la première fois l’appel me sera doux
Lorsque je l’entendrai dans le fond de ma bière,
Et que je dirai : « Maître ! » et que ce sera Vous !

(Les Prières de tous.)