Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/297

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avant que d’ te mette au dodo,
De t’ déshabiller tout « entière »,
tant c’était divin d’ te voir nu :

et j’ t’admirais, j’ te cajolais,
j’ te faisais « proutt » dans ton p’tit dos,
et j’ te bisais ton p’tit darrière…

(j’ t’aurais mangé si j’aurais pu)

Et toi… t’étais si caressant
et rusé… et intelligent…
Oh ! intelligent, fallait voir,
pour c’ qui regardait la mémoire
t’apprenais tout c’ que tu voulais…
tu promettais, tu promettais….

J’en ai-t-y passé d’ ces jornées
durant des années, des années,
à turbiner pir’ qu’un carcan
pour gagner not’ pain d’ tous les jours
et d’ quoi te garder à l’école,

et… j’en ai-t-y passé d’ ces nuits,
(toi, dans ton p’tit lit endormi)
à coude auprès de l’abat-jour
jusqu’à la fin de mon pétrole !

Des fois, ça s’ tirait en longueur ;
mes pauv’s z’yeux flanchaient à la peine,
alorss… en bâillant dans ma main
j’écoutais trotter ton p’tit cœur
et souffler ta petite haleine…

(et rien qu’ ça m’ donnait du courage
pour me r’mett’ dar’-dare à l’ouvrage
qu’y m’ fallait livrer le lend’main.)

Que d’ fois j’ai eu les sangs glacés
ces nuits-là… pour la moindre toux ;
j’avais toujours peur pour le croup,