Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/403

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Hors le froissement de la nuit
Par l’ouragan qui court l’espace.

Alors, hagards, tendant le cou,
Pris d’un vertige d’épouvante,
Ils plongent dans un élan fou
Aux profondeurs du ciel qui vente.

Et par les airs une clameur
De désespoir et d’agonie,
Rauque, s’échappe, vibre et meurt,
Déchirante en l’ombre infinie…

(Les Voix de la Terre et du Temps.)

CHEZ NOUS

Septembre. La journée est transparente et pure.
L’automne semble un beau souvenir de l’été,
Et ne menace pas encor les feuilles mûres.

Le ciel est une coupe immense de clarté.
Le visage sacré de la terre respire
La paix, la plénitude et la fécondité.

Les vignobles heureux dans le fleuve se mirent.
Sous l’eau calme, chargés du don des pampres lourds,
Les coteaux inclinés se regardent sourire.

Autour de son clocher lù-haat sommeille un bourg ;
La chaleur sur les toits vibre et se réverbère,
Et l’on entend chanter les poules dans les cours.

Pas une âme dehors. C’est la saison prospère
Où, sans qu’il soit aidé par le travail humain,
Seul dans les champs déserts, le grand soleil opère

Le miracle éternel qui nous donne le vin.

(Les Voix de la Terre et du Temps.)