Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/45

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


après les maisons les prairies
et les derniers arbres en vie,

voici, par leurs noms de baptême,
au bout des fleuves qui les aiment,

les plus douces nefs de mon port
toutes en chœur et bord à bord.

Or, en leur fête, et pour l’ouïe,
je vous salue, Anne-Marie,

qui semblez porter des enfants
dans vos voiles toujours en blanc,

et ce m’est joie comme un cantique
d’enfin vous revoir l’Angélique,
à mâts nus de pommes à la bande
et pourtant revenus d’Islande.
Mais lors, ainsi que Gabrielle,
chantez haut vos voiles nouvelles

et ne pleurez plus, Madeleine,
vos filets perdus à la traîne,

puisqu’à tous il est pardonné,
même au vent, les baisers donnés,

pour qu’en joie autant qu’en caresses,
ce soient tous les flots en liesse

dans le concert où se complaît
haute la mer à chanter Mai.

[En Symbole vers l’Apostolat.)

A PRÉSENT C’EST ENCOR DIMANCHE…

A présent c’est encor Dimanche,
et le soleil, et le matin,
et les oiseaux dans les jardins,
à présent c’est encor Dimanche,

et les enfants en robes blanches,
et les villes dans les lointains,
et, sous les arbres des chemins,
Flandre et la mer entre les branches.