Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/465

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Au fond de nous, gronde une immense nostalgie
Qui, ainsi qu’une mer, roule éternellement
Des bords de la tristesse aux bords de l’énergie,
De ceux de la raison à ceux du sentiment.

Nous nous sentons ailés pour des essors augustes,
Pour franchir fièrement de vastes horizons.
Pourquoi faut-il, sur nous, que les destins injustes
Fassent peser le toit d’une étrange prison ?

Pourquoi faut-il, à l’heure où l’élan nous emporte
Vers tout le Vrai, vers tout l’Amour, vers tout le Beau,
Voir la sombre Impuissance, en un bruit mat de porte
Qu’on ferme, nous murer ainsi qu’en un tombeau ?

O soif dans l’Idéal d’un bonheur absolu !
Soif de ce qu’on devine et qui toujours s’envole !
O sourde volupté dont nous sommes exclus,
Et qu’en la nuit humaine un Inconnu nous vole !

(Les Minutes Profondes.)