Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/75

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Tout mon être s’affole, et je ne pourrais dire
Combien j’ai tressailli quand tu m’as pris la main.
Ne nous arrêtons pas au détour du chemin !
Ton regard m’a donné la force de sourire,
Mais j’ai peur que mes pas ne faiblissent demain.

(Le Devoir suprême.)

LES YEUX DE L’IDÉAL

Ouvre-les bien, ces yeux qui sont toute la vie,
Simplesse, amour paisible et discrète bonté !
Qu’ils pénètrent mon cœur de leur félicité,
Qu’ils me fassent une âme à jamais assouvie !

— Ouvre-les bien, ces yeux qui sont toute la vie,
Ces yeux de la jeunesse et de l’éternité !

Ouvre-les bien, ces yeux qui sont tout le mystère,
Beauté, noble sagesse et tendre passion !
Dans le champ du matin si je creuse un sillon,
Puissent-ils féconder mon labeur solitaire !

— Ouvre-les bien, ces yeux qui sont tout le mystère, Ces yeux où resplendit la révélation !

Ouvre-les bien, ces yeux qui s’éloignaient du monde,
Ne laissant qu’un mirage au pays déserté !
Trop longtemps vers la mort les cygnes ont chanté :
Que l’Idéal surgisse à la clarté profonde !
Ouvre-les bien, ces yeux qui s’éloignaient du monde ;
Ouvre-les sur le jour et sur l’humanité !

(Le Devoir suprême.)