Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/87

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MON LIED

Le lied que mon âme chantonne,
Mon lied peureux qui pleure un peu,
Est germanique et triste un peu,
Le lied que mon âme chantonne.

Oh ! c’est un lied bien monotone,
Pleurant toujours les mêmes pleurs,
Chantant toujours les mêmes fleurs,
Le lied que mon àme chantonne.

Le lied est vieux et monotone,
Et long et long — et vain, hélas !
Et jamais il ne finira,
Le lied que mon ùmc chantonne !

(Roseaux.)

ELLE

Celle que j’aimerai, l’ange de mon doux rêve,
Aura de grands yeux bleus sous ses boucles d’enfant ;
Le cœur bien chaste et doux comme un ange le rêve,
Un vague teint rosé de beau songe mourant.
Elle sera si frêle, et si svelte, et si douce
Qu’on dirait le lys pâle en une serre éclos,
Ou le tremblant rayon de lune sur la mousse,
Ou la claire fontaine au ciel pleurant ses eaux.

Au fond de son doux cœur et du bout de ses lèvres,
Devinant déjà ce que je médite encor,
Elle fredonnera toutes mes chansons mièvres
Et vêtira mon âme avec ses gammes d’or.

Elle n’aura jamais une parole nmère ;
Des sourires toujours fleuriront ses grands yeux
Chastes, comme l’étaient les regards de ma mère,
Et purs comme l’étaient ses vagues regards bleus.

[Roseaux.)