Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t3.djvu/97

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O roi des vents, ô vent de mer !

O vent de mer, ô roi des vents,
On dit que c’est Dieu, quand tu passes,
Qui parle aux âmes des fervents,
Dans l’immensité des espaces !

Souffle, souffle, grand souffle amer,
O roi des vents, ô vent de mer !

O vent de mer, ô roi des vents,
Prends notre rêve, et, sur ton aile,
Qu’il monte aux éternels Levants
Ou tombe à la nuit éternelle !

Souffle & jamais, grand souffle amer,
O roi des vents, ô vent de mer !

(La Chanson de la Bretag

LA LÉPREUSE

Monna Keryvel met pour aller paître,
Pour aller, aux champs, paître ses brebis,
Avec sa croix d’or qu’a bénite un prêtre,
Monna Keryvel met ses beaux habits.

Un doux cavalier s’en vient d’aventure :
Il a « bonjouré » Monna Keryvel ;
C’est un fils de noble, à voir sa monture,
Et son parler fin sent l’odeur de miel.

Monna Keryvel n’a su que répondre
Au doux cavalier qui la bonjoura ;
Mais son joli cœur s’est mis à se fondre,
Monna Keryvel demain pleurera.

Le cœur qui se fond en larmes ruisselle…
Le vent de la nuit traverse les cieux.
Quand le cavalier repartit en selle,
Le cœur de Monna pleurait dans ses yeux.

A l’aube, le coq a chanté l’aubade :
Monna Keryvel à sa mère a dit :