Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/246

La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

LA GARRIGUE


Puisse ma libre vie être comme la lande
Où, sous l’ampleur du ciel ardent d’un soleil roux,
Les fourrés de kermès et les buissons de houx
Croissent en des senteurs de thym et de lavande.

Que, garrigue escarpée et sauvage, elle ascende
La liberté d’un air fouetté par les courroux
Du mistral, tourmenteur fougueux des arbres fous,
— Puis, dans l’isolement, s’allonge toute grande,

Heureuse de la paix grave des oliviers,
Des parfums de la figue et des micocouliers,
Jaillissant de ses rocs, roussis aux étés fauves

Et — rêvant, avivée au flux du souffle amer,
Sous les horizons fins mouillés de vapeurs mauves,
Regarde s’aplanir dans le lointain — la mer !