Page:Walch - Poètes d’hier et d’aujourd’hui, 1916.djvu/229

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THÉO VARLET

Dans les Lunaires, les Paysages et Villes, comme dans Zélande, Londres, Grèce, Italie, poèmes descriptifs, nous trouvons quelques-unes des solides qualités de Verhaeren, et un esprit toujours en éveil qui, au détail pittoresque, observe avec amour, sait ajouter le piment de quelque rapide analyse psychologique, résumée en un sarcasme cruel et savoureux.

Les Poèmes choisis [1906-1910] (1911), écrits à Cassis (Bouches-du-Rhône), en Calabre, à Messine, dans « une île du Levant », à Bruxelles, à Knocke-sur-Mer, nous montrent le poète ivre du beau Soleil méditerranéen, dont les « fanfares de lumière » le poursuivent dans ses rêves jusque sur les brumeux rivages de la mer du Nord. À Bruxelles, à Knocke, le spleen, parfois, l’envahit tout entier, une lassitude de vivre le paralyse ne lui laisse même plus la force d’aimer les « golfes bleus » ; mais le désir endormi n’est pas mort, et le flamboyant Midi semble avoir bien définitivement conquis cet homme du Nord :


Je veux du vierge azur et des soleils brutaux,
Des mers trop bleues, des jours trop beaux, des soirs trop chauds,
Les pins rêvant au bord des rochers roux ; je veux
Tes orangers et ta lumière…
Tes orangers et ta lumière…… régnant sur les golfes heureux…



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