Page:Walpole - Le chateau d'Otrante, partie 1, trad Eidous, 1767.djvu/38

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LE CHATEAU

lui dire qu’il s’étoit retiré dans ſa chambre, & qu’il leur avoit défendu de laiſſer entrer qui que ce fût. Elle attribua cette retraite au chagrin que lui cauſoit la mort de ſon frère, & dans la crainte où elle étoit que ſa préſence ne renouvellât ſa douleur, elle héſita quelque temps d’entrer. Cependant, l’inquiétude où elle étoit ſur ſon ſujet, jointe aux ordres que ſa mere lui avoit donnés, la déterminèrent à enfreindre ceux de ſon père, perſuadée qu’il ne lui ſauroit point mauvais gré de lui avoir déſobéi dans cette occaſion. Elle s’arrêta pendant quelques minutes à la porte de ſa chambre ; & ſa crainte redoubla lorſqu’elle l’ouit ſe promener à grands pas comme un homme troublé, & transporté hors de lui-même. Elle alloit heurter, lorsque Manfred ouvrit tout à coup la porte, & ne la connoiſſant point dans l’obſcurité, il lui demanda d’un ton de colère qui elle étoit ? C’eſt moi,