Page:Walpole - Le chateau d'Otrante, partie 1, trad Eidous, 1767.djvu/49

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D’OTRANTE.

conduit dont on vient de parler.

Le bas du Château étoit diſtribué de façon qu’elle eut toutes les peines du monde à trouver la porte de la caverne. Un ſilence affreux régnoit dans ces régions ſouterraines, & n’étoit interrompu que par quelques bouffées de vent, qui, faiſant mouvoir les portes ſur leurs gonds, formoient un écho qui retentiſſoit d’un bout du labyrinthe à l’autre. Le moindre bruit redouble ſa frayeur ; elle entend tout à coup la voix de Manfred, qui ordonne à ſes domeſtiques de la pourſuivre. Elle marche auſſi doucement que ſon impatience peut le lui permettre… elle s’arrête de temps en temps, pour écouter ſi quelqu’un la ſuit. Elle croit entendre un ſoupir ; elle frémit, & recule de quelques pas. Un moment après elle entend marcher. Son ſang ſe glace dans ſes veines, ne doutant plus que ce ne ſoit Manfred. Mille idées funeſtes lui paſſent dans l’eſ-