Page:Walras - L’Économie politique et la justice.djvu/92

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reilles mesures. Voyons donc comment M. Proudhon pourra nous expliquer que les effets de commerce subviennent à l’insuffisance de la valeur totale de la masse du numéraire !

Voilà ! — M. Proudhon ne l’explique point ; et je vous jure que vous ne le connaissez guère si vous espériez qu’il en fût autrement. M. Proudhon abandonne atout jamais la circulation et le crédit, pour entreprendre l’escompte. Résignons-nous ; et voyons la théorie de l’escompte !

Le banquier est l’industriel qui se charge, moyennant intérêt et commission, d’opérer en temps et lieu la liquidation de toutes ces créances ; par suite, de faire aux commerçants, en échange de leurs titres, l’avance des sommes dont ils ont besoin.

Cette opération a nom escompte.

Ce morceau est court, mais il est bon. Ce n’est pas par suite de l’avance qu’il fait, que le banquier retient intérêt et commission ; c’est par suite de l’intérêt et commission, honoraires de liquidation, qu’il fait une avance. Ce par suite est impayable : permettez-moi de vous en faire sentir toute la beauté.

Vous avez entre les mains un effet de commerce ; mais surtout vous avez grand besoin d’une somme d’argent. Vous allez trouver un banquier et vous lui proposez d’abord de se charger tout simplement, moyennant intérêt et commission, d’opérer en temps et lieu la liquidation de cette créance. Cet industriel vous fait observer que si le temps pour vous ne fait rien à l’affaire, le lieu n’y doit rien faire de plus ; qu’il n’y a pas plus loin peut-être de chez vous chez