Page:Walras - Théorie mathématique de la richesse sociale.djvu/6

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par celle de ces quatre mémoires. Cette question de l’application des mathématiques à l’économie politique, relativement à laquelle je ne connaissais, il y a trois ans, que quelques tentatives ou complètement ignorées ou complètement oubliées, est, à cette heure, une question fort étudiée par des savants très distingués en Angleterre, en Suisse, en Hollande, en Italie, en Allemagne, en Danemark, en Hongrie. Ce fait est à ma connaissance personnelle et résulte pour moi d’une correspondance particulière qui s’étend de jour en jour. Dans une telle conjoncture, je n’ai pas cru devoir tarder plus longtemps, je l’avouerai tout d’abord, à prendre date pour les résultats acquis de mes recherches. Ayant déjà du restituer à M. le professeur Jevons, de Manchester, la priorité de la courbe d’utilité et de l’équation de satisfaction maximum, j’ai désiré m’assurer celle des autres formules ou théorèmes auxquels je suis parvenu. D’autre part, il m’a paru qu’une théorie mathématique complète de la richesse sociale, c’est-a-dire une théorie mathématique complète de la détermination : 1o des prix des produits, 2o des prix des revenus producteurs ou des fermages, salaires et intérêts, et 3o du taux du revenu net et, par suite, des prix des capitaux producteurs, qui serait réduite a ses éléments essentiels et débarrassée de toute discussion économique ou mathématique, serait tout-à-fait propre à retenir et a fixer l’attention des esprits sérieux qui, en Europe, se préoccupent actuellement d’introduire une méthode rigoureuse dans la science du bien-être de l’humanité. Enfin, et pour tout dire, j’ai voulu aussi donner satisfaction a M. le professeur Boccardo, de Gênes, qui, consacrant un volume de sa Biblioteca dell’Economista aux essais d’application des mathématiques à. l’économie politique, m’avait exprimé le désir d’y faire figurer ma théorie.

Tels sont les divers buts que je me suis proposés en complétant la série de ces mémoires, et je remercie la Société vaudoise des sciences naturelles qui, en accueillant mes communications parmi celles de sa section mathématique, m’a permis de les atteindre de la manière la plus prompte et la plus facile.

L. W.


Château de Glérolles, par St-Saphorin, Vaud (Suisse),
août 1876.