Page:Walter - Voyage autour du monde fait dans les années 1740, 1, 2, 3, 4, 1749.djvu/354

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vail excessif et inutile, vu leur petit nombre, avoient résolu d’en rejoindre les deux pièces et de la remettre dans son prémier état. L’ouvrage avançoit déja, et ils en seroient venus à bout, si notre retour ne l’eût fait abandonner.

En arrivant nous apprimes qu’immédiatement avant notre retour, deux Pros s’étoient approchés du rivage, et s’étoient arrêtés là jusqu’à ce que la vue de notre Vaisseau les avoit fait éloigner. A cette occasion, je vais rapporter un incident, arrivé pendant la première absence de notre Vaisseau, mais dont je n’ai pas encore parlé, pour ne pas interrompre le fil de la narration.

J’ai déja dit qu’une partie du Détachement qui étoit sous les ordres du Sergent Espagnol, étoit resté caché dans les Bois ; et nous nous étions d’autant moins mis en peine de les y chercher, que nos Prisonniers nous assuroient qu’il étoit impossible à ces Gens de gagner l’Ile de Guam, ni d’y faire parvenir aucun message. Pendant la première absence du Centurion, le Commandeur qui étoit resté à terre, entreprit, avec quelques-uns de ses Officiers, de faire le tour de l’Ile : dans cette promenade, étant sur une petite hauteur ces Messieurs apperçurent dans un Vallon voisin, un petit buisson auquel ils remarquèrent un mouvement progressif. Cet objet, comme l’on peut croire, attira leur attention, et ils s’assurèrent bientôt que c’étoient quelques fagots de branches de Cocos trainés par des Gens qui en étoient couverts. Il n’étoit pas difficile de conclure que ce devoit être quelques-uns de ceux du Détachement du Sergent Espagnol ; et le Commandeur avec sa Compagnie, se mit à leurs trousses, dans l’espérance de découvir le lieu de leur retraite. Les Indiens se voyant découverts, s’enfuirent au plus vite ; mais Mr. Anson étoit si près d’eux, qu’il ne les perdit de vue, que dans le moment, qu’ils entroient dans leur Caverne. Il les y suivit, et la trouva vuide, les Indiens s’étant échappés par une autre issue, qui donnoit sur une descente escarpée. Mr. Anson ne trouva dans cette Caverne, pour toutes armes, que deux vieux Mousquets ; mais il y avoit des provisions en abondance, entre autres des côtes de Porc salé, qui étoient excellentes. Les Indiens avoient préparé un diner copieux, vu le petit nombre qu’ils étoient ; d’où nos Gens inférèrent que l’appétit extraordinaire, qu’ils se sentoient, depuis qu’ils se trouvoient dans cette Ile, étoit un accident commun à tous ceux qui y faisoient quelque séjour. Mr. Anson et sa Compagnie profitèrent de ce repas, qui leur venoit fort à propos ; aussi